Accueillir un·e stagiaire dans son activité artistique : mode d’emploi pour artiste-auteur
Tu es artiste-auteur·ice, illustrateur·ice ou live-sketcher, et tu te demandes si tu pourrais accueillir un·e stagiaire dans ton activité ? C’est possible, même si tu travailles en solo ! Ce guide est là pour t’aider à comprendre les obligations, les avantages et les bonnes pratiques autour des stages dans le secteur artistique indépendant.
1. Ai-je le droit de prendre un·e stagiaire
en tant qu’artiste-auteur·ice ?
Oui ! Un·e artiste-auteur·ice peut tout à fait accueillir un·e stagiaire à condition d’avoir un numéro de SIRET. Il n’est pas nécessaire d’avoir une structure type entreprise ou association, ni d’être inscrit à la Maison des Artistes ou à l’Agessa.
Le stage doit être encadré par une convention tripartite entre :
l’artiste (toi),
l’établissement de formation ou l’organisme (université, école, Pôle emploi…),
et le·la stagiaire.
Pas de convention, pas de stage : même pour un stage d’observation. Ce n’est pas juste une formalité, c’est ce qui te couvre légalement en cas d’accident ou de déplacement.
2. Quels sont les engagements
et obligations légales ?
Tu dois :
Signer une convention de stage avec l’école ou l’organisme.
Assurer un minimum d’encadrement et de suivi (même léger).
Faire un bilan à la fin du stage, souvent demandé sous forme de fiche ou d’évaluation (rien de trop lourd, rassure-toi).
Ne pas remplacer un emploi salarié par un stage : le stage reste une expérience pédagogique, pas une main-d’œuvre gratuite.
💰 Et la rémunération ?
Elle n’est pas obligatoire en dessous de 44 jours de présence effective (soit 308 heures). Au-delà, tu dois verser une gratification minimale (4,35 € par heure en 2025).
Mais rien ne t’empêche d’offrir une petite gratification symbolique (ex : carte-cadeau, kit de matériel, défraiement transport).

3. Pourquoi prendre un·e stagiaire
dans une activité artistique ?
Les bénéfices pour toi :
Avoir une présence en plus sur les prestations pour filmer, porter du matériel ou noter des idées.
Échanger avec une nouvelle génération d’artistes, souvent très connectée aux pratiques numériques.
Prendre du recul sur ta propre activité en la structurant et en l’expliquant.
Transmettre tes savoirs dans une dynamique de valorisation de ton parcours.
💡 Et si tu n’as pas de formation à transmettre, tu peux lui faire lire mes contenus !
Par exemple, tu peux lui confier la mission de lire mes articles de blog ou mon guide gratuit pour artistes, puis de t’en faire une synthèse avec des idées à mettre en place. Une bonne façon de faire le tri dans des dizaines d’articles sans y passer ta semaine 😉
Les bénéfices pour le·la stagiaire :
Une immersion concrète dans la réalité du métier (organisation, terrain, logistique).
Une expérience à valoriser sur un CV artistique.
La possibilité de filmer, observer, échanger, dessiner dans un cadre professionnel bienveillant.
Une confrontation avec des pratiques réelles (comme dessiner des gens qu’on ne choisit pas, en live !).
4. Qui accueillir (ou pas) ?
Quelques conseils de terrain
🔞 Pas de mineur·es pour ma part :
Trop de responsabilités en termes de transport, d’assurance et de sécurité. Je recommande donc de privilégier les stagiaires majeur·es (étudiant·es, personnes en reconversion).
🎨 Les profils artistiques :
Il est intéressant d’accueillir des personnes qui ont une sensibilité artistique, ou qui sont en filière arts visuels, communication visuelle, design, etc. Cela enrichit l’échange et permet un vrai dialogue.
🧭 Les personnes en reconversion :
Certaines personnes en reconversion peuvent faire un stage via Pôle emploi ou une structure de formation. C’est une belle manière pour elles de découvrir ton métier de l’intérieur.
5. Comment organiser un stage
quand on travaille seul·e ?
Il n’y a pas besoin de bureau, de locaux ou de poste de travail. Voici quelques idées pour structurer un stage dans une pratique comme le live sketching :
Exemple d’emploi du temps type :
Jour 1 : rencontre, cadrage, discussion autour du métier, lecture d’articles ou de contenus pédagogiques.
Jour 2 : préparation d’un événement (check du matériel, repérage).
Jour 3 : participation à une prestation en public (film, croquis, logistique).
Jour 4 : feedback, échanges artistiques, documentation.
Jour 5 : mini-projet personnel ou restitution (ex : article, carnet de stage, croquis commenté…).
Tout dépend du profil du·de la stagiaire et de ce que tu peux lui offrir. Certains ne seront là que deux jours, d’autres une semaine complète : c’est à toi de cadrer les choses en amont avec l’établissement.
📝 Conseil : note les temps de présence (sur une feuille ou dans ton agenda), cela t’aidera à respecter la limite des 308 h.

6. Où trouver votre futur·e stagiaire ?
Il n’y a pas de plateforme magique (ou pas encore), mais voici plusieurs pistes à explorer :
Les écoles d’art, les universités et les filières artistiques :
Que ce soit les Beaux-Arts, la Sorbonne, les écoles municipales d’art, les BTS design graphique ou les licences en arts plastiques, beaucoup de structures proposent à leurs étudiant·es de faire des stages.
👉 Renseignez-vous localement : dans chaque ville ou région, il existe souvent des filières artistiques ou de design peu connues mais très pertinentes.
Les personnes en reconversion professionnelle :
Un·e demandeur·se d’emploi peut faire un stage via une convention de Pôle Emploi ou d’un organisme de formation. Ce sont souvent des personnes très motivées, avec une vraie curiosité pour nos métiers hybrides.
Votre propre réseau :
Un·e ancien·ne élève de vos ateliers
Une personne qui vous suit sur Instagram ou via votre blog
Un·e lecteur·rice régulier·e de votre newsletter
Un·e client·e qui a une fille/nièce/cousin en école d’art
🎯 Astuce : si vous passez une petite annonce, précisez bien le cadre artistique, l’implication attendue (déplacements sur événements, disponibilité les week-ends…), et surtout l’intérêt pédagogique : immersion en live sketching, croquis minute, gestion d’un événement, échange artistique.
Accueillir un·e stagiaire, même dans une activité artistique individuelle, c’est possible — et même enrichissant. Il faut un peu d’organisation, un cadre légal (la convention !), et une envie de partager.
Mais en retour, c’est souvent un coup de boost pour ta pratique, ton réseau, et ton regard sur ton métier.
Et toi ?
As-tu déjà accueilli un·e stagiaire dans ton activité artistique ?
Souhaites-tu le faire ? As-tu des questions, des doutes, des expériences à partager ?
💬 Écris-moi ou laisse un commentaire, je serais ravie de continuer la discussion sur ce sujet souvent méconnu mais très formateur.
Dailykatement vôtre,
Illustratrice





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